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Alignés les uns à la suite des autres, les mots pour présenter Tony Cragg forment un cumul sonore prêt à être sculpté. Depuis 1977 et son entrée au Royal College of Art de Londres, l’artiste métamorphose, transforme, modifie. Le parallèle avec son emploi dans un laboratoire de biochimie qu’il occupe jusqu’en 1978 est tentant. En cette année 2019, Tony Cragg a fêté ses 70 ans. Une bagatelle pour l’artiste qui s’est offert l’immortalité. De ses décennies d’expérimentation créative, Tony Cragg a tiré une capacité transformative à la frontière de la métaphysique. Son art est intemporel. Car il n’existe que dans l’autre et sa transformation. Le temps de l’œuvre de Tony Cragg est celui de Thomas Mann dans La Montagne Magique où seul l’usage de la « magie hermétique » permet de saisir le présent en tant que tel.

A Rare Category of Objects at Yorkshire Sculpture Park
©Tony Cragg Dialogue with the Duomo
©Tony Cragg at MUDAM Luxembourg

Tony Cragg est infini.

Tony Cragg est un « matérialiste » dans la mesure où le cœur de sa démarche réside dans l’exploration des matériaux. Entre ses mains, les objets récupérés et les déchets industriels, empilés, entassés, amoncelés, se prêtent à des interprétations inattendues. Il les ingère, les dépossède de leurs corps, les rend à sa matière (manière ?). Dans ses œuvres le plus récentes, il privilégie l’acier et le bronze, avec lesquels il a mis au point un procédé de fonte qui lui permet d’obtenir des formes apparement molles, voire liquides.

Tony Cragg est un alchimiste.

Le matérialisme de Cragg revêt plusieurs significations. Dans son appréhension la plus large, il implique un point de vue philosophique, une conception du monde centrée sur les phénomènes physiques et les circonstances qui y sont liées directement. Son œuvre développe une conception de l’être humain façonnée par sa relation à l’environnement- des formations géologiques aux constructions urbaines, des outils que nous utilisons pour modeler le monde, aux meubles et aux objets que nous produisons pour satisfaire nos besoins

Lynne Cooke, historienne de l’art (2004)
©Tony Cragg, Ehrenhof, Do
©Tony Cragg, Installation view at Lisson Gallery, London
©Tony Cragg in DreiScheibenHaus

Tony Cragg est le présent.
Tony Cragg est un dévoreur de mondes.

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